Le temps de l’acte, le temps dans l’acte. Journée d’étude

cropped-cropped-IRHT_064585_2b1Le GDR 3177 « Diplomatique » et les Archives nationales organisent le 6 novembre 2014 une journée d’étude sur le thème « Le temps de l’acte, le temps dans l’acte », aux Archives nationales, dans la salle d’Albâtre du CARAN, 11 rue des Quatre-Fils, 75003 Paris.

Programme

9h30. — Laurent Morelle, introduction

9h45-10h30. — Chantal Senséby, « Formules de datation des actes ligériens, Xe-XIIIesiècle »

10h30-11h15. — Laura Gili, « La datation des chartes d’un fonds romain, XIIe siècle »

11h30-12h15. — Benoît-Michel Tock, Thomas Brunner, « L’actualisation de l’acte »

14h-14h45. — Matthieu Allingri, « La pratique des souscriptions tardives et le rapport au temps dans les actes notariés catalans, XIIIe-XIVe siècle »

14h45-15h30. — Vianney Petit, « Temps et chronologie technique dans la documentation nécrologique de la Sainte-Chapelle de Paris à la fin du Moyen-Âge »

15h30-16h00. — Olivier Guyotjeannin, « Les dates liturgiques à Paris, moitié XIIIe-début XIVe siècle » : quelques pistes.

16h15-16h45. — Sébastien Barret, conclusions

 

Argumentaire

I. – Le temps est partout dans l’acte, à commencer par les « temps » du discours diplomatique (passé, présent et futur) qui inscrivent les contenus textuels dans différents rapports au temps et à la durée. Les données relatives au « temps » affleurent en divers endroits de l’acte : les préambules brodent sur la pérennité des dispositions consignées ; les exposés sont émaillés de références chronologiques ; dans les dispositifs, on glane sans peine des indications sur la durée des contrats, les moments d’échéances, les anniversaires (de décès ou de naissance) à célébrer.

Bien sûr, ce sont les formules de datation qui retiennent l’attention – encore sont-elles (trop) souvent absentes ou « incomplètes », constats qui stimulent la réflexion sur les significations de leur inscription. Prenant place à divers endroits de l’acte (en tête, au pied, au cœur du texte), les formules présentent des libellés fort diversifiés, qui peuvent accueillir toutes sortes d’éléments de lieu et de temps, juxtaposant données chronologiques de base (année, mois, jour voire heure), indications computistiques savantes et références synchroniques à des hommes et à des événements. Par sa masse et ses formalisations, le matériau se prête aux comptages (encore timides cependant) et aux synthèses partielles (la résistible ascension de l’ère chrétienne ; les styles ; les datations liturgiques et la lente affirmation du quantième…), autant de jalons pour une histoire des pratiques médiévales de datation que Peter Rück appelait de ses vœux dans un bel article en forme d’état des lieux. Les modes d’expression se laissent en effet visiter sur le… temps long, mais aussi bien en leurs moments-clefs, à partir de larges corpus ou d’ « études de cas », en leurs récurrences comme en leurs anomalies. Bref, l’exploration du thème exige ouvertures et comparaisons (pratiques savantes et sensibilités quotidiennes, évolution des calendriers), mais aussi une stricte remise en contexte diplomatique (outillage et usages des rédacteurs, traditions, statut de la date comme « formalité »).

II. – En retour, il s’agit aussi de s’interroger sur la place de l’acte dans les procédures juridiques et administratives, ce que recouvre ici l’expression « le temps de l’acte ». Les indications chronologiques renvoient à une ou plusieurs « moments » diversement désignés (actum, datum, confirmatum, factum, renovatum, recitatum, etc.), sans qu’il soit toujours aisé d’en saisir la portée et ce qu’elle nous révèle de la genèse de l’acte, des pratiques scripturaires et de l’exercice du pouvoir (cf. l’utilisation débattue des formules de date pour les itinéraires royaux). Une fois réalisé, l’acte peut aussi recevoir les traces de ses utilisations, elles-mêmes inscrites précisément dans le temps. Enfin, les actes écrits n’ont pas tous le même temps de gestation ni la même espérance de vie. Passé l’âge de l’acte dense, la prolifération documentaire des derniers siècles médiévaux semble s’articuler à de nouveaux rapports au temps qui pèsent sur les rédacteurs et les archivistes.

III. – Enfin, il ne sera pas interdit de se demander comment les rédacteurs entendent procurer une certaine intemporalité (bien tempérée…) à leurs actes, par une habile gestion des éléments formels permettant de les inscrire dans la continuité (tout en ménageant des ruptures), de répondre aux exigences des lecteurs présents et d’escompter le respect futur des dispositions consignées.

 

 

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